Vous écoutez un nouveau spécial d’am1575news, France24 et Radio Centrale Milano, en podcast et sur les ondes moyennes.
Blocage à l’aube du 17 septembre
Depuis l’aube de ce jeudi le port de Nice est paralysé. Les pêcheurs ont ancré leurs embarcations sur le tronçon d’entrée du bassin Lympia, empêchant tout transit maritime. La scène, vaste et décisive, rappelle un véritable arrêt de la vie portuaire, les bateaux des pêcheurs disposés à former une barrière imprenable.
Ferry contraint de rester au large
Le résultat immédiat du blocage a été l’impossibilité pour un grand ferry de Corsica Ferries d’entrer dans le port. L’unité, avec à bord de nombreux passagers en transit vers la Côte d’Azur, a dû attendre hors de la zone d’accostage, repoussant au plus tard les opérations de débarquement et de retour au calendrier prévu.
Révolte nationale des pêcheurs
L’action de Nice s’inscrit dans un mouvement plus large qui implique des pêcheurs le long de toute la côte méditerranéenne. Déjà depuis lundi, des blocages ont été signalés dans les ports de Frontignan, Sète, Fos‑sur‑Mer et Port‑la‑Nouvelle, sans parler des récentes manifestations à Grau‑du‑Roi. D’autres interventions sont prévues à Toulon et Marseille, où les associations maritimes évaluent la possibilité de nouvelles interruptions.
Rencontre avec la ministre déléguée à la Pêche
Ce matin, les représentants du secteur se sont rendus à Paris pour un entretien avec la ministre déléguée à la Marine et à la Pêche, Catherine Chabaud. La réunion, prévue justement pour ce jeudi, a été convoquée pour écouter les demandes des pêcheurs, qui dénoncent des aides gouvernementales jugées insuffisantes pour faire face à la flambée des prix du carburant maritime.
Perspectives et demandes
Les opérateurs de la mer soulignent que le paquet d’aide actuel est trop maigre pour couvrir l’augmentation vertigineuse du coût du diesel et du gazole. Ils demandent des mesures plus incisives, qui tiennent compte de la dépendance aux approvisionnements énergétiques et de l’impact sur leurs activités. Entre‑temps, le port de Nice reste fermé au trafic, les autorités locales surveillant la situation et évaluant les scénarios possibles de réouverture.

Éditorial de Rachel – Le port de Nice, nouveau club des pêcheurs rebelles
Je vous lis maintenant mon éditorial du jour.
Quel spectacle au lever du soleil : des centaines, voire des milliers, de bateaux de pêche bloquent l’entrée du port de Nice, comme si ce dernier avait été converti en une piste de bateaux à location gratuite. L’essence du port de Nice est vraiment celle des pêcheurs, ou est‑ce seulement le nouveau décor pour un film d’auteur qui veut se montrer « du côté du peuple » ? Et nous, journalistes, dans notre rôle éternel de chronique, nous limitons à décrire la scène avec des mots riches de pathos, oubliant que derrière le geste il y a une question de carburant qui brûle plus qu’un avocat grillé à l’azur.
Le journal nous offre une liste de ports « bloqués » qui ressemble plus à un tour des « incontournables » pour les activistes : Frontignan, Sète, Fos‑sur‑Mer, Port‑la‑Nouvelle… maintenant aussi Nice et le Grau‑du‑Roi. Mais où s’arrête la protestation légitime et où commence le spectacle de place ? Les médias, avec leur lenteur d’escargot, nous racontent « une opération coup de poing » mais ne se demandent pas si ces blocages ne sont pas, peut‑être, de véritables flashmobs organisés pour attirer l’attention d’un gouvernement qui, à ce qu’il semble, distribue des aides « insuffisantes » comme des bonbons de porridge.
Et la ministre Catherine Chabaud, invitée à une rencontre à Paris, semble jouer à « qui répond le plus vite ». Mais à qui répond réellement ? Aux pêcheurs, aux passagers du point ferry de Corsica Ferries bloqués au large, ou aux lecteurs qui, avec l’AdBlock activé, doivent encore faire défiler une page remplie de publicités pour obtenir la dernière nouvelle ? Le journalisme dépeint la tension sans montrer les feux rouges derrière le rideau : le coût réel du carburant, les subsistances des pêcheurs, les promesses gouvernementales recyclées plus d’une fois en un an.
Finalement, le plus grand doute demeure : le port de Nice est‑il un véritable creuset de tradition maritime ou n’est‑il qu’une toile où peindre le drame du « peuple en révolte » pour obtenir des clics ? Peut‑être la réponse est que personne ne le sait, car la vraie intrigue est écrite par ceux qui ont l’argent pour acheter la presse, et nous restons à regarder la scène avec du popcorn à la main, nous demandant si, à la fin, le pêcheur aura vraiment plus d’essence ou seulement plus de titres de journaux.
Koan du jour
Moine : Maître, pourquoi les pêcheurs ont décidé de bloquer le port de Nice au lieu de trouver un moyen plus pacifique de demander de l’aide ?
Maître : Parce que dans la mer de la bureaucratie, la sirène la plus forte est celle qui fait naufrager les bateaux des puissants, même si leur seule proie est une simple clé de contact.
Moine : Mais, Maître, si leur geste n’est qu’une protestation contre le prix du carburant, n’est‑ce pas un chant d’amour envers ce qui les maintenait à flot ?
Maître : L’amour pour son métier est le feu qui brûle sous les cendres de la crise ; la vérité est que les vagues ne distinguent pas entre ceux qui paient le billet et ceux qui paient le prix du silence.
C’est tout pour le moment. Depuis la rédaction de Paris, je suis Rachel Costa : c’est am1575news, France24 et Radio Centrale Milano.
